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Suzanne Fernandez, Brigitte Joinnault , Dossier Tadeusz Kantor : mémoires imaginaires, filiations inconscientes

Résumé : Présentation du Dossier spécial Tadeusz Kantor, réuni par Suzanne Fernandez et Brigitte Joinnault
mots-clés : Kantor, théâtre, mise en scène
Référence électronique : Suzanne Fernandez, Brigitte Joinnault . « Dossier Tadeusz Kantor : mémoires imaginaires, filiations inconscientes », Revue internationale de Photolittérature n°2 [En ligne], mis en ligne le 15 décembre 2018, consulté le 24 juin 2019. URL : http://phlit.org/press/?articlerevue=dossier-tadeusz-kantor-memoires-imaginaires-filiations-inconscientes
Auteur de l’article

Dossier Tadeusz Kantor : mémoires imaginaires, filiations inconscientes


Dessiné, photographié, exposé[1], l’appareil-photo mitrailleuse de Wielopole-Wielopole hante nos mémoires. Du croquis préparatoire (1980) par lequel Tadeusz Kantor représente son futur « bio-objet » associé à l’étrange silhouette de celle qui le manipule (http://muzea.malopolska.pl/en/obiekty/-/a/26855/1134111)[2] aux clichés de l’appareil, isolé tel une œuvre d’art autonome (http://muzea.malopolska.pl/en/obiekty/-/a/26999/1116446)[3], en passant par le portrait de Jacquie Bablet qui montre l’actrice Mira Rychlicka en photographe, le visage déformé par une effroyable grimace et les manches relevées, prête à tirer, ces multiples images interpellent quiconque interroge les formes du photographique au théâtre.


Près de vingt-cinq ans après l’étude pionnière de Denis Bablet sur les multiples présences de la photographie dans l’œuvre de Tadeusz Kantor[4], le programme de recherche sur les « Formes de Présence de la Photographie dans les Écritures Théâtrales (FoPPHET[5]) », constatant que le théâtre de Kantor influence et anime de nombreux artistes et chercheurs qui ont pourtant été privés de contact direct avec ses spectacles et les ont connus seulement par le biais d’archives, revient sur les relations entre la photographie et le théâtre de Tadeusz Kantor pour interroger la manière dont se constitue, consciemment ou inconsciemment, par la consultation et la circulation des photographies, une « mémoire inventée ». Photographies inspiratrices des spectacles, photographies en scène, photographies de scène (répétitions et représentations), comment ces images, dans leur co-existence, participent-elles au brouillage des frontières entre la réalité et l’illusion, la vie et le théâtre ? Comment agissent-elles dans la transmission et dans la construction d’un espace imaginaire, hanté par les ombres de Kantor et de ses acteurs, par les faux souvenirs ?


Le présent dossier prolonge la journée d’études « Relations théâtre/photographie. Tadeusz Kantor : mémoires imaginaires et filiations inconscientes » que nous avons coorganisée avec Evelyne Grossman en févier 2016 à l’université Paris Diderot. Il réunit six textes de formats variés. En ouverture Marie-Thérèse Vido-Rzewuska nous offre une traduction en français d’un entretien d’Andrzej Matynia dans lequel Tadeusz Kantor explique l’importance inspiratrice du médium photographique dans son travail. Il décrit notamment comment la transparence du film photographique, qui permet d’obtenir des superpositions d’images par le glissement d’un cliché sur un autre, lui sert de modèle pour penser une méthode théâtrale de métamorphose des situations et des personnages ; la matérialité plastique de la pellicule devenant source d’inventivité pour l’écriture scénique. Trois études sont proposées par des chercheuses (Suzanne Fernandez, Shirley Niclais et Brigitte Joinnault) qui n’ont ni vu, ni directement fréquenté le théâtre de Tadeusz Kantor et qui sont confrontées, dans leurs tentatives d’appréhender son œuvre, aux effets de la « mémoire inventée » dans ce qu’elle peut produire de sentiment de proximité et d’illusion de (re)connaissance, de bouleversement émotionnel ou de rejet esthétique. En amont de ces études Chantal Meyer-Plantureux nous a permis de rééditer son témoignage sur les dernières répétitions de Tadeusz Kantor, geste important pour nous car il nous ramène au moment précis où disparaissent brusquement toutes possibilités de contact direct avec l’œuvre vivante et où commence à s’installer, inexorablement, le temps des observations indirectes. En aval de ces contributions, Éloi Recoing, spectateur d’hier et, au moment de notre journée d’étude, directeur d’école d’art[6], interroge la réception actuelle des photographies de scène et ouvre un questionnement sur la manière de permettre à Kantor de demeurer actif dans le théâtre d’aujourd’hui.


Suzanne Fernandez, Brigitte Joinnault


 




[1]L’appareil a été présenté, parmi d’autres éléments du spectacle, dans l’exposition « Tadeusz Kantor. Les origines de Wielopole, Wielopole les origines », du 3 au 23 avril 2015, présentée sur le site de la Bibliothèque polonaise de Paris. http://www.bibliotheque-polonaise-paris-shlp.fr/medias/InvitationExpoWielopole_3.pdf consulté le 12 novembre 2018.


[2]Une numérisation du croquis conservé par le musée historique de Cracovie est visible en ligne sur le site des musées virtuels de Malopolska qui répertorie actuellement 1090 objets conservés dans des musées polonais, ID : MHK-4041/VI, tous droits réservés, Historical Museum of the City of Kraków.


http://muzea.malopolska.pl/en/obiekty/-/a/26855/1134111 consulté le 12 novembre 2018.


[3]Une série de trente-six clichés formant un folio 3D de l’appareil conservé à la Cricothèque, Centre de documentation sur l’art de Tadeusz Kantor, est visible en ligne sur le site des musées virtuels de Malopolska, ID : CRC/VII/159, tous droits réservés. http://muzea.malopolska.pl/en/obiekty/-/a/26999/1116446 consulté le 12 novembre 2018.


[4]Denis Bablet, « Tadeusz Kantor et la photographie », in Photographies de Jacquie Bablet, Cracovie : Cricothèque, 2008, p. 12 [1eédition, les Voies de la création théâtrale, n°18, Paris : éditions du CNRS, 1993]


[5]Le programme FoPPHET est un projet de recherche initié en 2011 et conduit par Brigitte Joinnault, son objectif est d’aider à comprendre la manière dont le théâtre, pris comme un ancien médium, est affecté par la photographie, prise comme un nouveau médium, et dont les écritures théâtrales sont, depuis l’apparition de ce nouveau médium, travaillées par l’idée du photographique et par l’histoire de la photographie.


[6]Éloi Recoing était directeur de l’Institut International de la Marionnette de Charleville-Mézières et de l’école nationale supérieure des arts de la marionnette au moment de la journée d’études de février 2016.


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